Primaire de la gauche : des robots saturent le vote en ligne
Visée par une cyberattaque par bots dès l’ouverture, la plateforme de vote de la primaire de la gauche est ralentie, l’Anssi est saisie et le premier tour est prolongé jusqu’à dimanche 18 heures.
La plateforme chargée d’héberger le vote de la primaire de la gauche sociale-démocrate a été visée par une cyberattaque dès l’ouverture du scrutin, le vendredi 9 octobre 2026 à 8 heures. Selon les organisateurs, des robots ont multiplié les connexions simultanées pour saturer le service, ce qui a ralenti le vote sans l’interrompre. Face à la faible participation constatée en fin de journée, le premier tour a été prolongé.
En bref
- Selon les organisateurs, des robots ont multiplié les connexions simultanées pour saturer le service, ce qui a ralenti le vote sans l’interrompre.
- Les organisateurs demandent aux électeurs en difficulté de ne pas actualiser la page en boucle, car cela accentue la saturation, et de réessayer plus tard.
- Ils pourront évoluer à mesure que l’Anssi et la justice avanceront.
Le scrutin est exclusivement électronique et s’appuie sur la plateforme e-votez.net, un prestataire. Environ 140 000 électeurs sont inscrits, alors que les prévisions tablaient sur 90 000, d’après Le Monde et Midi Libre. Cinq candidats sont en lice : Olivier Faure, Raphaël Glucksmann, Jérôme Guedj, Emmanuel Maurel et Ségolène Royal.
Une attaque par saturation des connexions
Dans un communiqué, la commission d’organisation décrit une attaque qui « consiste à porter à son maximum le nombre de connexions simultanées par le biais de bots ». Cet afflux massif et fictif empêche une partie des électeurs de voter. Les organisateurs affirment cependant qu’à aucun moment la plateforme n’a été interrompue et que l’intégrité des votes enregistrés n’est pas compromise. Ils parlent d’un problème de gestion de flux, non d’une faille de sécurité.
Le Parisien rapporte, d’après un membre du comité d’organisation, que la plateforme peut supporter en temps normal jusqu’à 10 000 connexions simultanées, et que les robots ont fait monter ce chiffre à 20 000. Les serveurs ne tiennent plus et le vote est ralenti : le trafic a donc doublé la charge habituellement supportée. Le quotidien juge l’attaque très vraisemblablement de type déni de service distribué (DDoS), c’est-à-dire un nombre considérable de requêtes envoyées jusqu’à saturer un site. Cette qualification reste une analyse du journal, non une confirmation officielle. Vers 15 heures, l’accès restait compliqué, a constaté le journal, et un responsable socialiste cité par Le Dauphiné a pu voter malgré une longue file d’attente.
Les organisateurs demandent aux électeurs en difficulté de ne pas actualiser la page en boucle, car cela accentue la saturation, et de réessayer plus tard.
L’Anssi mobilisée, la justice saisie
Du côté des pouvoirs publics, Matignon a fait savoir que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait chargé l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (Anssi) d’épauler l’organisateur. Sa mission : identifier la nature et l’origine de l’attaque, et mettre l’organisateur en relation avec des prestataires certifiés capables de l’aider à rétablir le bon fonctionnement de la plateforme. D’après Le Parisien, l’origine de l’attaque et ses auteurs n’étaient pas identifiés.
Côté judiciaire, la commission indique que le Parti socialiste, Place publique et la Gauche républicaine et socialiste, qui organisent ensemble le scrutin, ont porté l’affaire devant la justice. Patrick Mennucci, président de la commission d’organisation, a annoncé sur franceinfo qu’une plainte avait été déposée. Il a qualifié l’attaque de « scandaleuse » et estimé qu’elle était organisée et destinée, selon lui, à contrer la dynamique créée par la primaire. Il s’agit de son interprétation : aucun auteur ni mobile n’a été établi publiquement. Le candidat Jérôme Guedj a réagi sur X en jugeant que la primaire intéresse « même les hackers ».
Un premier tour prolongé jusqu’à dimanche
Le vendredi à 19 heures, les organisateurs ne comptaient que 20 000 votants sur 140 000 inscrits. Ils ont donc prolongé le vote d’une journée : le premier tour se clôturera dimanche 11 octobre à 18 heures, et non plus samedi à 20 heures, afin que chacun puisse voter « sereinement », selon ici, dont le compte rendu a été mis à jour le soir même. En l’absence de vainqueur dès le premier tour, un second tour aura lieu les 16 et 17 octobre.
Ce premier tour reste très loin de la primaire de 2012, qui avait permis la victoire de François Hollande et réuni entre 2,6 et 2,8 millions de votants, rappellent Le Monde et Midi Libre. Le corps électoral de cette année demeure d’ailleurs en grande partie inconnu, puisqu’une large part des inscrits ne sont pas issus des partis organisateurs et se sont enregistrés sur une plateforme dédiée. Olivier Faure l’a résumé ainsi avant le vote : on ne sait pas qui s’est inscrit, donc il ne fait pas de pronostic.
Ces éléments proviennent des déclarations des organisateurs et de Matignon, relayées par plusieurs médias. Ils pourront évoluer à mesure que l’Anssi et la justice avanceront.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : François GOGLINS. Licence : CC BY-SA 4.0.
