Un manuscrit carolingien de Saint-Brieuc proposé à Boston
Vendu 85 000 € chez Armor Enchères en novembre 2025, l’ouvrage latin oublié sous un toit briochin sera proposé à la foire du livre ancien de Boston.
Un manuscrit latin d’époque carolingienne, retrouvé dans un grenier de Saint-Brieuc, sera proposé à 1,4 million de dollars à la foire internationale du livre ancien de Boston, début novembre 2026.
En bref
- L’histoire, révélée par Le Télégramme et reprise par actu.fr Bretagne , raconte comment un volume couvert de poussière, dans une maison des Côtes-d’Armor, a changé plusieurs fois de statut en moins d’un an.
- Un professeur de lettres classiques gardant chez lui un texte latin médiéval : la filiation a de quoi faire sens, même si l’on ignore comment le livre était entré dans la famille.
- Ce destin rappelle d’autres trésors insolites de Bretagne, à ceci près que celui-ci a déjà pris le chemin de l’étranger.
L’histoire, révélée par Le Télégramme et reprise par actu.fr Bretagne, raconte comment un volume couvert de poussière, dans une maison des Côtes-d’Armor, a changé plusieurs fois de statut en moins d’un an. D’objet de grenier, il est devenu pièce de collection convoitée, puis offre internationale.
D’un grenier briochin à la salle des ventes
Personne, au départ, ne semblait mesurer ce que contenait ce volume. L’estimation avancée avant sa mise aux enchères tournait autour de quelques centaines d’euros, soit le prix d’un vieux livre sans histoire particulière.
La séance du 21 novembre 2025, organisée par la maison Armor Enchères, a pourtant bouleversé ce calcul. Les enchérisseurs se sont disputé le lot jusqu’à une adjudication sans commune mesure avec l’évaluation initiale.
Reste la question de sa provenance. Selon le site spécialisé ActuaLitté, cité par actu.fr, l’ouvrage aurait d’abord appartenu à Robert Scharbarg (1924-2020). De 1965 à 1990, cet enseignant a fait cours à l’école Saint-Charles de Saint-Brieuc, où il enseignait le latin et le français. Le manuscrit serait ensuite passé entre les mains de son fils, Christian. Un professeur de lettres classiques gardant chez lui un texte latin médiéval : la filiation a de quoi faire sens, même si l’on ignore comment le livre était entré dans la famille.

Pourquoi ce texte vaut si cher
La valeur tient d’abord à l’époque. Le manuscrit remonte à la période carolingienne, ces siècles où l’empire de Charlemagne et de ses successeurs a vu se développer une intense activité de copie de textes en latin. Les ouvrages de cette période qui ont traversé le temps sont rares, et ceux qui réapparaissent hors des bibliothèques institutionnelles le sont encore davantage.
Ensuite, plusieurs expertises se sont penchées sur ce volume. Ce sont elles, d’après l’article d’actu.fr, qui ont établi son extrême rareté et qui justifient la flambée de son prix. Entre la salle des ventes bretonne et le salon américain, l’objet n’a pas changé ; c’est la connaissance qu’on en a qui s’est précisée.
Un prix multiplié, un acheteur encore à trouver
Entre ces deux montants, le prix a été multiplié par plus de quatorze en un an environ. Il faut cependant distinguer les deux chiffres : le premier correspond à une vente conclue, le second à un prix affiché par un vendeur dont l’identité n’a pas été rendue publique.
| Étape | Lieu | Date |
|---|---|---|
| Vente aux enchères | Saint-Brieuc, Armor Enchères | 21 novembre 2025 |
| Conservation actuelle | Vienne (Autriche) | octobre 2026 |
| Mise en vente | Boston (États-Unis), foire du livre ancien | début novembre 2026 |
Le volume se trouve aujourd’hui à Vienne, en Autriche, loin de la baie de Saint-Brieuc. Pour qu’il quitte son lieu de conservation au prix annoncé, il faudra encore qu’un collectionneur ou une institution accepte de débourser la somme. Aucun acquéreur n’est connu à ce stade.
Ce destin rappelle d’autres trésors insolites de Bretagne, à ceci près que celui-ci a déjà pris le chemin de l’étranger.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : Tuxyso. Licence : CC BY-SA 4.0.
