BioBreizh reprend Poder, les producteurs bio gardent la main

Depuis le 2 octobre, les maraîchers bio du Nord-Finistère et des Côtes-d’Armor maîtrisent aussi le conditionnement et la vente de leurs légumes à Plouvorn.

Loïc Guégan Par Loïc Guégan
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BioBreizh reprend Poder, les producteurs bio gardent la main
Un panier en osier garni de légumes : maïs, carottes, courges, concombre et tomates.

En bref

  • BioBreizh a repris officiellement Poder le 2 octobre.
  • Le collectif réunit 56 fermes et 75 producteurs.
  • Poder emploie 30 salariés et écoule environ 10 000 tonnes de légumes par an.
  • Objectif 2030 : environ 50 millions d’euros de chiffre d’affaires cumulé.

Les légumes bio bretons qui arrivent en magasin passent par un maillon désormais détenu par ceux qui les cultivent. Selon actu.fr Bretagne, BioBreizh a repris officiellement Poder le 2 octobre. Cette entreprise assure le conditionnement, la logistique et la commercialisation des productions du groupement.

Une reprise préparée de longue date

L’aventure démarre en janvier 1990. Jean-Luc Poder dispose alors seulement d’un bureau installé chez ses parents et d’un camion. Dès le 2 janvier, il expédie vers l’Angleterre une première cargaison de légumes, et le lendemain deux palettes prennent la direction de l’Allemagne.

  1. Création de l’entreprise par Jean-Luc Poder.
  2. Préparation de la transmission.
  3. Reprise officielle par BioBreizh.

Le fondateur voulait écarter un acheteur extérieur. « Je voulais que cela reste dans le milieu », résume Jean-Luc Poder, fondateur de Poder. Les deux structures collaborent depuis près de trente ans, et il juge que « BioBreizh était le choix évident ». Anaïs Larher, présidente de BioBreizh, y voit autre chose qu’un rachat : « Ce n’est pas seulement une entreprise que nous reprenons, c’est aussi un héritage ». Poder conserve ses équipes, et son fondateur accompagne la transition.

Produire ce qui sera vendu

Le groupement résume sa ligne de conduite par cette formule : « Produire ce qui sera vendu ». Côté commerce, on sait ce dont les clients ont besoin ; côté technique, on connaît bien chaque exploitation. En faisant circuler ces informations, on doit pouvoir prévoir les volumes et adapter les cultures à la demande. BioBreizh souhaite également mieux faire reconnaître la valeur de ses productions et, à plus long terme, améliorer le revenu des producteurs, ce qui demeure pour l’instant une ambition.

Le climat du marché est plus favorable qu’il y a quelques années : en valeur, les ventes de produits bio ont augmenté de 3,6 % en 2025, puis de 4,8 % durant le premier semestre 2026. La production reste cependant fragile, et trouver des débouchés demeure l’enjeu principal. Après un été marqué par la chaleur et le manque d’eau, la diversité des cultures prend de l’importance : nombre de producteurs bio font pousser huit à dix espèces pour répartir les risques. Cinq jeunes agriculteurs ont d’ailleurs intégré le groupement en l’espace de deux ans.

Le collectif et l’outil en chiffres

56fermes et 75 producteurs
1 700 hade plein champ, 150 variétés
10 000 tde légumes par an, dont 95 % d’achats bretons

L’entreprise Poder emploie 30 salariés. Sur la commune de Plouvorn, son site principal couvre 3 400 m² : 2 400 m² sont occupés par des chambres où la température est contrôlée, et 1 000 m² par le conditionnement et les bureaux. Elle possède aussi un autre site, plus ancien, à Mespaul. Trois camions effectuent les collectes au départ de chacun de ces deux lieux. La plupart des producteurs sont établis dans le nord du Finistère et dans les Côtes-d’Armor.

Où partent les légumes

  • Premier client de l’entreprise, Biocoop compte pour près d’un tiers du chiffre d’affaires.
  • Les grandes surfaces, elles, en représentent 27 %.
  • Viennent ensuite les enseignes spécialisées, l’exportation, la transformation ainsi que la restauration collective.

L’essentiel des livraisons part vers le Grand Ouest et vers la région parisienne. Cette reprise ne bouleverse pas les partenariats déjà noués : BioBreizh entend se reposer sur ce réseau, et compte la restauration collective parmi ses pistes de développement.

Cap sur 2030, sans changer d’échelle

À l’horizon 2030, BioBreizh ambitionne un chiffre d’affaires de 30 millions d’euros, alors qu’il était de 23 millions en 2025. Avec Poder, l’ensemble atteindrait environ 50 millions d’euros. Le groupement refuse de devenir une coopérative réunissant plusieurs centaines d’exploitations : il veut conserver une dimension favorable au dialogue et à une vraie participation des producteurs. De nouveaux adhérents pourront nous rejoindre dans les années à venir, à condition de partager cet esprit. « Nous devons être capables de mesurer nos choix et de nous engager collectivement », défend Anaïs Larher.

Photo : Nataliya Vaitkevich / Pexels

Loïc Guégan

Week-ends, sorties et conseils en Bretagne

Loïc Guégan

Ancien restaurateur à Pontivy, Loïc Guégan connaît les tables, les marchés et les chambres d'hôtes de la région depuis plus de trente ans. Il présente les sorties, les idées de week-end et les bonnes adresses pour dormir et manger autour de Guerlédan. Il retourne dans un établissement avant d'en reparler, pour voir si la qualité a tenu. Retraité, il chante dans une chorale de chants de marins.